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Confus de Canard
Les 12 régions de Hassad
Ce serait faire preuve de grâce que de ne pas saluer le projet sur la régionalisation élaboré par le ministère de l’Intérieur et soumis aux chefs des partis politiques. L’on constate d’emblée en prenant connaissance du contenu du texte et du nombre des régions (12) avec leurs préfectures et provinces que le souci premier de Mohamed Hassad et ses équipes aura été de revenir à une certaine cohérence et un certain équilibre dans l’approche des territoires et des populations qui y vivent. deux qualités essentielles qui avaient fait gravement défaut à la régionalisation actuelle enfantée en 1995 et qui, comme tout le monde le sait, pèche par une foultitude de tares et d’incohérences dans l’architecture même du découpage. Ce qui a donné lieu à des aberrations et des contradictions en pagaille résidant dans des amputations de zones géographiques et de groupements tribaux de leurs territoires naturels pour être rattachés à des régions avec lesquels ils n’ont pas a priori d’affinité.Ce découpage à la hache, qui ne prenait nullement en compte les spécificitésrégionales et les synergies pouvant être créés, a été vécue à l’époque par les régions victimes et leurs habitants comme un traumatisme, voire une injustice . Mais à l’époque, il n’y avait pas de débat public et les partis ne faisaient que valider après un semblant de concertation les décisions prises par le pouvoir incarné par driss Basri. Et puis, cette régionalisation, telle qu’elle a été décré-tée, était conçue moins comme un vecteur de développement que comme un instrument administratif avec un président fantoche dont le rôle est essentiellement protocolaire. Ce qui n’a pas contribué à sortir le pays de sa vision centraliste qui faisait que tout doit encore se décider «au niveau Rabat». Une attitude rigide qui trouve son origine dans le refus des administrations de céder une partie de leurs prérogatives aux conseils régionaux. Cette frilosité a été renforcée et nourrie par cette peur de voir les régions ainsi autonomes prendre petit à petit leurs distances du pouvoir central. donc autant continuer à tenir la bride pour ne pas être tentés par l’aventure du séparatisme affronté par le pays dans son Sahara. Le projet Hassad, lui, s’inscrit en nette rupture avec la régionalisation basrienne et vise du moins sur le papier à doter les régions ainsi mises en place d’une autonomie qui leur per-mettrait de prendre elles-mêmes leur destin en main en matière de développement. Or, l’émergence des indépendantismes un peu partout dans le monde - les cas de l’Ecosse et de la Catalogne sont là pour le rappeler - ne valide pas le choix du Maroc de continuer à fonctionner selon le modèle d’un Etat centralisateur où l’essentiel des programmes de développement se décident depuis Rabat. Le fait que 44% des Ecossais aient voté pour l’indépendance de leur pays a poussé le Premier ministre britannique James Cameron à envisager sérieusement d’octroyer une large autonomie à l’Ecosse pour immuniser définitivement les Ecossais contre le virus du séparatisme.S.M le Roi Mohammed VI l’a bien compris bien avant M.Cameron, et a pris les devants en proposant un large plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour les provinces du sud que les adversaires du pays font tout pour torpiller. Cela dit, il ne faut pas prendre prétexte de l’absence du personnel politique qualifié pour faire une régionalisation a minima qui serait un remake de la précédente. La frilosité nourrit les rétropédalages qui peuvent compromettre l’avenir.
Abdellah CHANKOU

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