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Confus de Canard
Lifting politique
 Le cabinet Benkirane 2 a permis aux Marocains de découvrir combien était grande la volonté de changement qui a présidé à sa formation. Plus de trois mois de négociations sur fond de blocage, de rumeurs et de spéculations pour faire revenir au gouvernement des visages qui ont déjà servi jusqu’à l’usure. Il fallait vraiment bien chercher pour dénicher les oiseaux rares comme Rachid Benmokhtar bombardé à la tête du ministère, à savoir l’Éducation nationale, qu’il avait occupé il y a environ deux décennies sans qu’il ait entrepris la moindre réforme de l’école publique. Idem pour Mohamed Hassad, ce brillant commis de l’État, plusieurs fois ministres, installé aux commandes du département de l’Intérieur. Le retour de ce dernierau gouvernement aurait été compréhensible à la rigueur s’il avait été installé aux commandes du ministère du Transport et l’Equipement où il était capable de mobiliser son expertise et son expérience reconnues au profit de ce département stratégique qui en a tellement besoin. Au lieu de cela, c’est la pratique des chaises musicales qui est privilégiée avec la création d’un ministère délégué confié à Mohamed Najib Boulif qui officiait jusqu’ici aux Affaires générales et à la Gouvernance. Une permutation qui n’a été accompagnée par aucune explication de la part du chef du gouvernement même si les initiés en ont conclu que l’intéressé a démérité dans l’exercice de ses fonctions initiales. Au Maroc, quand un ministre ne fait pas l’affaire dans un poste, il n’est pas licencié, il se voit offrir un autre en guise de services non-rendus.
Idem pour Abdelkader Amara qui a été débarqué du ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies pour être bombardé à la tête de celui de l’Énergie et des Mines. Ce n’est plus un gouvernement c’est un circuit touristique où l’on se promène d’un portefeuille à un autre ! Pourquoi cette transmutation ? Est-ce pour faire la place à Moulay Hafid le magnifique repeint séance tenante- en guise de respect des partis politiques- aux couleurs du RNI ou parce que le ministre PJD a failli dans la mission première qui lui a été confiée ? Là aussi, Ba Abdelilah Benkirane, tout content d’avoir été maintenu à son poste, n’a pas jugé nécessaire de s’expliquer devant les Marocains lors de son émission spéciale TVM-2M où il s’est évertué à défendre l’indéfendable. 
Cela se voyait, si le patron des islamistes gardait encore le sens du spectacle, il a bel et bien perdu la main. Très peu persuadé, agressif avec les journalistes, pathétique à souhait, il n’a convaincu que d’une seule chose : il n’est plus dans le coup. Pour donner l’illusion du changement, on féminise un chouia l’équipe Benkirane 2 en y injectant cinq nouvelles femmes nommées ministres déléguées. Pas une seule ministre «plein», toutes mises sous tutelle d’un collègue mâle.
La PJD Bassima Hakkaoui n’est plus unique, elle a désormais de la compagnie. On est loin de la parité mais quelques «benkirenettes» de plus servent de faire-valoir, tout en offrant a l’avantage à la fois de faire taire les critiques des associations des femmes et de permettre au gouvernement de s’offrir un petit coup de lifting à moindre frais. Un vrai tour de prestigiditation politique.
Abdellah CHANKOU

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