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Edito
Les leçons d’un boycott
 Les Marocains en ont fini avec les problèmes qui les préoccupent au plus haut point que sont l’accès à un  enseignement performant à des prix défiant toute concurrence, aux soins de santé de qualité et à un pouvoir d’achat confortable. Mieux lotis dans leur majorité, ils se soucient désormais du prix de l’eau minérale, du lait et du carburant qu’ils trouvent excessivement chers pour leurs bourses de nouveaux Suisses du Maghreb! On croit rêver ! C’est pour cela qu’un mouvement anonyme, à l’écoute des vrais problèmes des Marocains d’en bas (!), a pris naissance sur Internet et lancé un appel au boycott de trois marques qui ont en commun d’être leaders dans leur activités : Sidi Ali, Centrale Danone et Afriquia. Un mouvement curieusement sélectif ciblant nommément les entreprises en question au risque de passer pour une officine obscure à la solde d’une concurrence en mal de parts de marché qui chercherait ainsi à profiter de l’aubaine d’un boycott  orchestré pour mieux se positionner auprès du client lambda.

De plus en plus branché sur les réseaux sociaux où il est exposé à toutes les manipulations, celui-ci a justement l’avantage d’être facilement malléable,  «désinformable» sur le Net où il  se sent important  et doté du pouvoir de choisir et d’agir… Forcément,  la stigmatisation des uns fait le bonheur des autres… Du coup, se pose et s’impose cette question incontournable pour tout esprit Net enclin à suspecter une entreprise de manipulation de masse  : A qui profite finalement cet appel au boycott des trois marques stigmatisées ? Qui a intérêt à jeter le discrédit  sur ces dernières sous prétexte qu’elles sont anormalement chères ? Difficile de faire l’économie de ces interrogation  surtout que  les produits de consommation en question évoluent tous dans un marché libre qui obéit aux règles de la concurrence supposée saine et loyale. Le client ayant à partir de là  le choix de consommer le produit de la marque qui convient à son goût et à sa bourse, l’appel au boycott de Sidi Ali, Centrale Laitière et Afriquia n’avait pas lieu d’être et s’avère encore plus suspect.

Ce mouvement de boycott aurait été compréhensible s’il concernait des produits comme les fruits et légumes qui entrent dans la préparation de la pitance quotidienne du commun des citoyens dont le pouvoir d’achat n’arrête pas d’être érodé  par la vie chère provoquée par la multiplicité des intermédiaires. Il est tout de même étonnant que ces soi-disant défenseurs du peuple n’aient pas pensé à lancer une action de boycott de l’enseignement privé dont les tarifs astronomiques engloutissent l’essentiel des revenus des familles aussi bien de la classe moyenne que des couches défavorisées. Cet « ensaignement » continue et implacable, la plupart du temps injustifié, ne mérite-t-il pas une mobilisation afin d’inciter les gros bonnet de ce secteur hautement juteux de revoir le prix à la baisse ? Voilà qui laisse encore penser que l’initiative des anti-Sidi-Ali, Centrale Laitière et Afriquia ne coule pas vraiment de source et ses initiateurs anonymes  sont mus par d’autres considérations que la défense du pouvoir d’achat du grand nombre.

Cette curieuse affaire a tellement fait parler d’elle qu’elle s’est invitée sous la coupole avec une question au ministre de l’Economie et des Finances Mohamed Boussaid qui a fustigé une campagne initiée par «des étourdis » qui n’encouragent pas « l’entreprise et les produits marocains ».

Analyse simple pour ne pas dire simpliste qui escamote l’exaspération d’une large frange de la population face à la vie chère et à l’érosion continue de son pouvoir d’achat. Dans ce contexte socialement tendu, les entreprises, objet du boycott,  apparaissent comme les victimes collatérales d’un ras-le-bol social que les pouvoirs publics ne font pas grand-chose pour atténuer. 

Quelle réponse politique à ces appels de boycott initiés via Internet ? Là aussi, le gouvernement semble démuni, voire tétanisé, incapable de trouver la parade. Or, ne rien faire c’est laisser le champs libre aux agitateurs virtuels aux intentions plus ou moins claires pour «travailler»  à leur guise une population de plus en plus connectée et lui  indiquer sous couvert de revendications sociales justes ce qu’il faut faire ou ne pas faire, acheter ou boycotter…

Une brèche est ouverte. La nature ayant horreur du vide, le gouvernement est plus que jamais appelé à agir pour faire face à cette virtualité qui commence à chahuter la réalité…
Abdellah CHANKOU

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