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Le migrateur
Ex-présidents : de la lumière à l'ombre
 Plusieurs anciens chefs d’État ou de gouvernement ont été incarcérés ces dix dernières années suite à des scandales financiers, à l’image de l’ancien dirigeant brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva ou encore l’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye, en détention préventive depuis un an.

Grâce et disgrâce d’un homme d’Etat. Luiz Inacio Lula da Silva, icône de la gauche, est aujourd’hui en prison. Condamné à plus de 12 ans de détention pour des faits de corruption, l’ancien gamin du Nordeste rechigne à se plier à la justice, s’estimant victime d’une machination orchestrée par les «élites» afin de tourner définitivement la page de la gauche et du «lulisme». Malgré les failles, les excès parfois, les investigations à grand spectacle évoquent une corruption à grande échelle du système politique brésilien. Maires, gouverneurs, députés, sénateurs, ministres et même chefs d’Etat ont pioché dans les caisses publiques et reçu des pots-de-vin de la part d’entreprises, pour financer leur campagne ou leur train de vie. Quatre ans après son déclenchement, l’opération doit démontrer au pays que l’emprisonnement de Lula n’est pas un acte politique. Que l’arrestation de celui qui restera l’un des dirigeants les plus remarquables du pays ne signe pas la fin des procédures. Alors que Lula était vendredi en passe d’être incarcéré, l’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, a elle été condamnée à 24 ans de prison. Et à l’autre bout du monde, le Sud-Africain Jacob Zuma, contraint à la démission de la présidence voilà quelques semaines, a appris que son procès pour corruption allait débuter le 8 juin prochain. Le fait pour un dirigeant élu de faire un passage derrière les barreaux n’a pourtant rien de nouveau. Ces dernières années, de nombreux chef d’Etat ont en effet été rattrapés par la justice pour des crimes commis avant ou pendant leurs mandats. Pour éviter ce genre de «désagrément», Vladimir Poutine a inventé la présidence à vie. Depuis 2000, le nouveau tsar de Russie a trouvé la méthode pour se maintenir au pouvoir sans interruption. Et il n’a pas même pas eu besoin de changer la constitution qui lui interdisait plus de deux mandats successifs. Entre 2008 et 2012, Dimitri Medvedev lui a gardé la place au chaud, lui laissant exercer tous les pouvoirs, cette fois comme Premier ministre, le temps de cet intérim. Il y a aussi la manière forte qui ne marche pas toujours. Celle du feu et du sang, opérée par le régime de Bachar al-Assad. Après des centaines de milliers de morts et plus de dix millions de personnes déplacées ou réfugiées, al-Assad ne croit toujours qu'en lui-même. Il est persuadé que la politique de la terre brûlée, qu'il mène sans ciller depuis cinq ans et demi, va finir par payer. Et les faits ne lui donnent pas totalement tort. A l’été 2015, le pouvoir central syrien vacillait sous les coups de boutoir de la rébellion armée par ses deux ennemis intimes, la Turquie et l’Arabie saoudite.

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