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Le migrateur
La Libye s'installe dans le chaos
 La Libye, où des autorités rivales, à Tripoli et dans l'Est, ainsi que de nombreuses milices, se disputent le pouvoir, n’arrive toujours pas à sortir du chaos, six ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.

La Libye reste engluée dans une interminable crise de transition sans solution crédible en vue, en dépit de la signature il y a deux ans d’un accord politique censé mettre fin au chaos et aux profondes divisions entre camps rivaux. Dernier témoignage en date de ce chaos persistant, l’enlèvement et le meurtre dimanche de Mohamad Esthewi, le maire de Misrata, troisième ville de Libye. Parallèlement, cette crise continue d’alimenter le drame de centaines de milliers de migrants, qui vivent pour beaucoup un enfer aux portes de l’Europe. En décembre 2015, la signature d’un accord à Skhirat, sous l’égide de l’ONU, avait pourtant débouché sur la formation d’un gouvernement d’union nationale (GNA) et ravivé l’espoir d’un retour progressif à la stabilité. Mais, selon des experts, cet accord, dont les tentatives d’amendement ont toutes échoué, a au contraire renforcé les divisions. Depuis son installation à Tripoli en mars 2016, le GNA n’a jamais fait l’unanimité, et il ne parvient toujours pas à asseoir son autorité sur des pans entiers du pays qui reste sous la coupe de dizaines de milices. Sa légitimité a été contestée d’emblée par ses rivaux, arguant qu’il avait pris ses fonctions sans obtenir la confiance du Parlement élu en 2014 –basé dans l’est (Tobrouk)–, comme le prévoyait l’accord de Skhirat. Le GNA dirigé par Fayez al-Sarraj fait ainsi face à l’hostilité persistante de cette assemblée et d’un gouvernement parallèle appuyés par les forces du maréchal controversé Khalifa Haftar, également installé dans l’est libyen (Al-Bayda). Et la position de ce «gouvernement d’union» risque d’être encore davantage fragilisée avec l’expiration de son mandat, le 17 décembre. L’accord de Skhirat prévoyait en effet la formation de cet exécutif pour un mandat d’un an renouvelable une seule fois. Cette semaine, le maréchal Haftar a estimé que cette date du 17 décembre marquait « un tournant historique et dangereux » avec « l’expiration de l’accord politique libyen ». « Tous les corps issus de cet accord perdent automatiquement leur légitimité », a-t-il argué. Régulièrement accusé par ses détracteurs de vouloir prendre le pouvoir et d’instaurer une dictature militaire, le maréchal Haftar entendait lui profiter de la fin du mandat du GNA pour tenter «un coup» de force. 

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