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Le migrateur
Liban : Un front chiite contre Hezbollah
 Au Liban, des personnalités chiites d’horizons très variés ont créé début octobre un mouvement d’opposition au Hezbollah. C’est la première fois qu’un front aussi large se forme au sein de cette communauté, contre cette formation qui détient le quasi-monopole de la représentation des chiites dans les instances de l’Etat. Ce collectif déploie de grands efforts pour plaider en faveur d'un retour «à la légitimité et aux constantes souverainistes de l'intifada de l'Indépendance», face à ce qu'ils perçoivent comme «l'hégémonie du Hezbollah sur le Liban». Les responsables de cette initiative veulent profiter des prochaines élections législatives, prévues en mai 2018, pour entamer, ou du moins ébrécher, cette hégémonie, partagée avec le parti Amal, un autre parti chiite.  L’acte fondateur du mouvement, qui s’est tenu le 4 octobre dans un hôtel de Beyrouth, a réuni une cinquantaine de figures chiites indépendantes. Des ex-communistes, des dissidents du Hezbollah, des libéraux, des intellectuels et des représentants de grandes familles de la vallée de la Bekaa ou du sud du Liban, les deux principales zones d’implantation de la communauté chiite, avec la banlieue sud de Beyrouth. Mais il reste que les sujets d'actualité brûlante n'ont pas pu faire l'unanimité des membres de collectif, comme la question iranienne. Ainsi, les propos tenus récemment par le président iranien Hassan Rohani, et selon lesquels, aucune décision n'est prise au Liban sans tenir  compte du point de vue de l'Iran, ont provoqué un tollé autour de la nécessité – ou non – de convoquer l'ambassadeur de Téhéran pour des clarifications. Certains ont même accusé le chef de l'État, Michel Aoun, et le ministre des Affaires étrangères, GebranBassil, de manquement à leurs responsabilités dans ce domaine. D’autres appellent à la tenue d'un sit-in devant l'ambassade iranienne à Beyrouth, pour exprimer l'opposition des Libanais au discours du président de la République islamique.

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