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Le migrateur
Bouteflika mourra président !
 L’entourage du président Abdelaziz Bouteflika qui peine à retrouver ses capacités motrices et pourtant en poste depuis 1999, est accusé de préparer sa candidature pour 2019.
 

Il y a trois ans, en 2014, son investiture pour un quatrième mandat avait ébahit le monde. Comment un président, diminué physiquement, installé sur une chaise roulante et qui peine à retrouver ses capacités motrices peut-il être reconduit à la tête du pays ? Sa réélection, avec un score à la soviétique, qui s’apparentait plus à une farce grotesque avait alors mis à nu les dissolutions au sein du pouvoir, détenu par la junte militaire. Tout le monde croyait que temps allait leur permettre de trouver un consensus sur la personne qui allait devenir le prochain président fantoche. Sauf que non. dimanche 8 octobre, trois personnalités – Ahmed Taleb Ibrahimi, ex-ministre des affaires étrangères, l’avocat Ali Yahia Abdennour, ancien ministre et militant des droits de l’homme, et le général en retraite Rachid Benyelles, ancien chef des forces navales – ont publié une tribune dans laquelle ils accusent l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika de «préparer la candidature pour un cinquième mandat présidentiel d’un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer». Difficile d’imaginer un tel scénario. Et pourtant. C’est en Algérie et Nulle part ailleurs. Ce n’est pas la première fois que l’hypothèse d’un cinquième mandat pour le chef de l’Etat, âgé de 80 ans, est évoquée. En théorie, rien ne l’empêche : le président, en poste depuis 1999, a fait modifier la Constitution en 2008 pour faire sauter la limitation à deux mandats présidentiels. dans les faits, une telle perspective – qu’elle soit ou non sérieusement envisagée – alimente l’inquiétude. La tribune de dimanche est ainsi la dernière expression d’un désarroi grandissant face à une situation de blocage devenue périlleuse, alors que les finances du pays se dégradent rapidement. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013 et absent pendant trois mois du pays, Abdelaziz Bouteflika avait été réélu en avril 2014 au terme d’une étrange campagne pendant laquelle le candidat n’était jamais apparu. Les critiques étaient déjà fortes. Trois ans plus tard, la situation s’est encore dégradée. «Pour éviter le naufrage et sauver ce qui peut l'être encore, nous devons taire nos divergences culturelles, linguistiques et politiques pour crier à l'unisson : ça suffit!», estiment les trois signataires, appelant à un "front commun" contre "ceux qui ont confisqué" le pouvoir "depuis près de 20 ans". Fait rarissime en Algérie, les trois personnalités s’adressent même à l’armée que tout le monde sait détient les clés du pouvoir afin de les implorer de réagir.

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